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ACTUALITES : ESTHER 2009 : un magnifique projet artistique au lycée français Anna-de-Noailles de Bucarest + vidéo
Dans le cadre d’un projet de coopération culturelle et éducative qui associe le lycée français de Bucarest et la Maîtrise de la Radio roumaine de Bucarest, 17 élèves des classes de 1ère et de terminale, 50 jeunes choristes roumains et 5 musiciens baroques roumains et français ont présenté la tragédie Esther de Jean Racine. Témoignages et genèse du projet.
Henri LEBRETON (Conseiller de coopération et d’action culturelle, Directeur de l’Institut français de Bucarest) : "Une coproduction franco-roumaine autour d'une même exigence de qualité artistique"
"La mise en scène d’ESTHER de Jean Racine qui nous est proposée, est un projet comme il y en a peu dans un lycée français à l’étranger. L’œuvre est rarement donnée. Pièce édifiante, elle raconte une histoire disparue de nos références contemporaines, elle mêle enfin l’action dramatique et le chant, exigeant pour être montée dans sa version originale non seulement des comédiens mais un chœur. Et pourtant le projet a vu le jour. Il est né de la tranquille certitude que des élèves de première et de terminale, aujourd’hui, peuvent accéder au répertoire du théâtre classique et endosser des rôles écrits pour les pensionnaires de la Maison de Saint-Cyr, il y a plus de trois siècles, pour peu qu’ils soient guidés, soutenus et éclairés. Il s’est construit autour d’une série de rencontres qui ont permis d’imaginer les collaborations théâtrales et musicales qui pouvaient rendre possible l’entreprise et faire de cette mise en scène une coproduction franco-roumaine originale rassemblant élèves, professeurs, choristes et professionnels autour d’une même exigence de qualité artistique. Il a pris forme dans un travail sur le texte, le souffle, la voix, la déclamation et la gestuelle classique animé par des professeurs, des parents et des spécialistes mobilisant les apprentis comédiens pendant les vacances et durant les fins de semaines . Il a trouvé sa dimension franco-roumaine dans les échanges qu’ont nécessité les répétitions partagées entre comédiens et choristes, metteur en scène et chef de chœur autour de textes en français et d’instructions données en deux langues. Il s’est affirmé au fil des informations et explications apportées par ses promoteurs pour convaincre de sa faisabilité et obtenir les concours bénévoles et les financements indispensables pour le mener à bien. L’Ambassade de France en Roumanie et l’Institut français de Bucarest - aux côtés du Lycée Anna-de-Noailles, de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et d’autres mécènes - ont soutenu cette initiative en lui apportant un appui technique et artistique parce qu’elle était ambitieuse et à même de promouvoir l’image de l’enseignement français en Roumanie. Le public, comme toujours, sera juge de la pièce. Sa production à travers le partenariat noué entre les jeunes comédiens du lycée et le chœur d’enfants de la Radio Roumaine est déjà, en soi, un bel aboutissement." Didier MONTAGNE, (Attaché culturel, Directeur adjoint de l’Institut français de Bucarest) :
"Enrichir l'offre culturelle à Bucarest"
"En créant il y a deux ans, une Saison de musique ancienne à Bucarest, en facilitant la collaboration de musiciens français et roumains pour faire entendre les plus belles pièces du plus précieux manuscrit de musique baroque roumaine – le Codex Caioni -, en organisant avec le festival de Sablé-sur-Sarthe la première Académie de musique et de danse baroque qui se soit tenue en Roumanie, l’Institut français de Bucarest a certes d’abord voulu enrichir l’offre culturelle à Bucarest, inexplicablement à l’écart d’un immense répertoire à (re)découvrir et d’une créativité musicale dont le succès ne se dément pas en Europe de l’Ouest depuis une trentaine d’années. Au-delà de cette volonté, strictement culturelle, de proposer au public roumain des formes et un univers esthétique nouveaux, il s’agissait aussi, symboliquement, de montrer que la participation de la Roumanie au «concert des nations occidentales» était bel et bien une très ancienne réalité. Savons-nous, par exemple, qu’à peine trois mois après leur création à la cour de Louis XIV, les danses et les airs de cour étaient connus et joués en Transylvanie? Il s’agissait aussi, et peut-être surtout, de montrer le caractère très contemporain du travail de restitution engagé par les musiciens spécialistes de la musique baroque dans leur tentative de redonner vie à des œuvres depuis longtemps oubliées ou ignorées. En recomposant le contexte de leur création, en réinterprétant des sources très diverses, en réinventant savamment mais aussi très librement une esthétique, ne représentent-ils pas la posture exacte de l’artiste d’aujourd’hui, celui qui conjugue au présent le fonds perpétuel de notre savoir commun et de notre culture?
En tous ces sens, l’Institut français se devait, comme naturellement, de soutenir cette re-création d’Esther à Bucarest dans sa version originale, telle qu’elle fut créée par les Demoiselles de Saint Cyr, par de jeunes Français et Roumains, accompagnés de véritables professionnels, grands connaisseurs de la musique, de la gestuelle et de la rhétorique du XVIIe siècle. Mais ce soutien renvoie surtout à l’ambition et à la portée de ce projet rare dont l’intempestivité soulève de belles questions pour nous tous, éducateurs, parents, programmateurs culturels. Pourquoi des jeunes d’aujourd’hui peuvent-ils s’engager à ce point, si pleinement, dans cet «espèce de poème où le chant fût mêlé avec le récit» comme le demandait Mme de Maintenon à Racine et Jean-Baptiste Moreau? Que veulent dire pour eux maintenant la piété, le dévouement, voire la «perfection féminine» qu’exalte la pièce? Surtout, comment résonnent à leurs entendements, nourris des rythmes compacts de l’électronique, cette langue et cette musique, toutes à leur scansion classique ou baroque, peu importe, mais si emplies de suspens, d’affects sublimés, de pudeurs, de stylisations."
Michel LOSTANLEN, (Proviseur du lycée Anna-de-Noailles) : "Une aventure partagée"
"Esther Bucarest 2009, fruit de la collaboration de l’Institut Français et du Lycée Anna-de-Noailles, est avant tout une aventure partagée par deux professeurs et une vingtaine de lycéens, autour du théâtre classique et de la musique baroque. Ce projet de grande envergure a pour mérite de permettre à des jeunes et à des professionnels français et roumains de partager la même passion, de se côtoyer tout au long des répétitions et de vibrer ensemble au moment de l’entrée sur scène.
Cette pièce, jouée en français et surtitrée en roumain, s’inscrit parfaitement dans notre volonté de diffuser la culture française, d’encourager le brassage et la collaboration entre Français et Roumains, d’initier des partenariats avec des entreprises françaises et roumaines, qui nous ont fait confiance en apportant le soutien financier sans lequel un tel niveau de qualité aurait été impossible. La barre est haute pour nos jeunes, mais, à une époque où il est tant reproché aux élèves de manquer d’ambition, où on a l’air d’avoir oublié le sens de la beauté et le plaisir du travail bien fait, je ne peux que me réjouir de voir évoluer ces adolescents dans un monde où rien n’est laissé au hasard, où la recherche de la perfection est omniprésente. Le sujet, dans lequel on trouve posée la question de la tolérance religieuse, n’est pas anodin en termes d’acte éducatif envers nos élèves. Un grand bravo à nos jeunes, un hommage particulier à leurs professeurs."
Le projet ESTHER BUCAREST en bref :
Du 11 au 14 mars 2009 au Théâtre MIC de Bucarest ont été données quatre représentations de la tragédie ESTHER du classique français Jean Racine. - Musique originale de Jean-Baptiste Moreau - Participation des élèves de 1ère et terminale du Lycée Français Anna-de-Noailles. - Mise en scène assurée par de Dominique Depaule. - Scénographie par Constantin Ciubotariu dans un spectacle en français surtitré en roumain.
Les jeunes comédiens étaient relayés, pour les chœurs et intermèdes, par la maîtrise des Copii de Radiodifuziune Romana dirigée par Voicu Popescu, accompagnée de l’ensemble baroque Collegio Stravagante. Les chanteuses Lulia Dan et Valentina Nafornita ont assuré les parties de solistes.
Sophie Boulin, chanteuse, metteuse en scène et professeur de déclamation et gestuelle baroques au Conservatoire régional national de Paris, intervient en tant que conseillère à la mise en scène et au style vocal.Composée pour les jeunes pensionnaires de la « Maison de Saint-Cyr » et jouée pour la première fois en 1689 devant Louis XIV, Esther présente un exemple de choix du théâtre classique, et pour la musique, du « style français » si en vogue dans l’Europe du XVIIe et XVIIIe siècles.Jouer Esther, c’est donc une occasion unique pour des adolescents de se confronter « de l’intérieur » à la rhétorique et à la morale du « Grand Siècle » à travers la mise en scène d’un mythe aux résonances politiques et religieuses encore actuelles. Cela suppose de s’initier à la déclamation de l’alexandrin ; de travailler gestes, postures, mouvements, mise en espace dans l’esprit très pictural du jeu des tragédiens du XVIIe siècle; pour enfin parvenir – en alliant dans une même intention parole et gestuelle – à «incarner» des caractères qui s’affronteront dans l’âpreté du huis-clos tragique d’un palais oriental. Tenue, sobriété, passion : tels sont les maîtres-mots d’une telle esthétique au service d’un théâtre intrinsèquement civique.
Coproduction inédite du Lycée Français Anna-de-Noailles, de l’Institut Français de Bucarest et de la Societatea de Radiodifuziune Romana, ce projet éducatif réunit dans un même désir d’exigence et de partage, élèves, professeurs et artistes français et roumains, pour la (re)découverte de l’un des joyaux de notre patrimoine théâtral et musical européen. Les mécènes ne s’y sont pas trompés. Grâce à Nathalie Dufaux, professeur d’anglais au Lycée Français Anna-de-Noailles, et chargée de communication du projet, ils ont été nombreux à manifester leur intérêt par leur soutien financier et matériel : Lafarge, BRD, Club Cortina, Ipso, RCI leasing, Matricia, L’Oréal, Bricostore, Carrefour, ainsi que le cabinet d’avocats Popovici et associés.
Le site officiel du spectacle : http://www.estherbucarest2009.com/
Dominique Depaule Nathalie Dufaux Professeurs au lycée Anna-de-Noailles
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Informations Pratiques :
Caractéristiques de l’établissement : Dénomination exacte de l’établissement : Lycée français Anna-de-Noailles Statut : Conventionné AEFE Effectifs élèves : 770 Niveaux d’enseignement : Petite section à terminale Langues enseignées :anglais, allemand, espagnol, roumain, latin, grec Adresse courriel « contact » :
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Adresse du site Internet de l’établissement : www.lyfrabuc.ro Prénom et nom du Proviseur : Michel Lostalen Caractéristiques de la ville et du pays : Ville de résidence : Bucarest Nombre d’habitants : 2 000 000 Position administrative : capitale Pays : Roumanie Superficie en kms² 238 000 Nombre d’habitants : 22 000 000 Capitale : Bucarest Principales ressources : Industrie lourde, services,tourisme Crédits photos : Lycée Anna-de-Noailles de Bucarest |