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PORTRAIT : Miguel Angel MARTÍNEZ MARTÍNEZ + vidéo Rencontre à Bruxelles avec Miguel Angel MARTÍNEZ MARTÍNEZ, Vice-président du Parlement européen en charge du multilinguisme et ancien élève du lycée français de Madrid (Espagne).
Quand avez-vous fréquenté le lycée français de Madrid ? Entre 1945 et 1957, j’y ai effectué toute ma scolarité de la classe de 11ème à la classe de terminale Maths et Philo. Mes souvenirs sont intacts, je me souviens même des noms de tous mes professeurs: Madame Malapère en 11ème, Monsieur Jacquet en 10ème, M.Valade ensuite, puis M.Laborde, Mme.Sampère qui nous enseignait le latin et le français... Je les vois, même sans fermer les yeux. A l’époque, il existait 3 branches dans l’établissement : le collège privé espagnol, le lycée français (primaire, collège, lycée) et une branche commerciale qui préparait surtout des filles au métier de secrétaire pour intégrer les entreprises françaises, nombreuses déjà à cette période en Espagne. Pourriez-vous nous exposer le contexte dans lequel votre pays se trouve à cette période ? L’Europe fait son bilan après une guerre atroce et il s’agissait de tout faire repartir. Presque partout, c’est l’heure de la libération, de la vie, de l’espoir, la France au premier plan. Pour l’Espagne en 1945, ce n’est pas un temps de joie, il reste les prisons où croupissent des centaines de milliers de démocrates et des pelotons qui fusillent toujours des résistants au cri de « Viva Franco » et « Viva Cristo Rey ». Mon père était prisonnier et condamné à mort en tant que résistant. Une petite lueur de libération existe tout de même à Madrid et à Barcelone car deux lycées français viennent d’être libérés de l'emprise pétainiste, non sans peine après un lourd bras de fer avec le gouvernement franquiste. A l’époque, une cinquantaine d’enfants obtient le soutien du lycée français alors que nos parents avaient été fusillés ou condamnés à de lourdes peines de prison. La motivation est donc celle de la survie. Le lycée français de Madrid est le lycée de la libération, il reçoit des équipes d’administrateurs et de professeurs, militants souvent de la liberté, de la solidarité et qui vont nous transmettre les valeurs de la Révolution, de la Résistance et de la République. C’est grâce à eux qu’en Espagne, des garçons et des filles sont formés pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité, pour la tolérance, pour la rationalité, pour la laïcité. Nous étions parfois appelés « les enfants de la libération », formés dans une bulle d’air frais, d’air propre, d’air libre, alors qu'autour de nous on ne respirait que l'obscurantisme et le totalitarisme de ce que l'on a appelé le national catholicisme de la dictature. Quelle relation aviez-vous avec les enfants qui fréquentaient les écoles espagnoles ? Quel enseignement recevaient t-ils ? Dans les écoles espagnoles, les garçons et les filles étaient séparés. C’était une façon, disait-on, d’éviter le pêché et même la tentation. Je vous parle d’écoles où l’on chantait chaque matin des hymnes soi-disant patriotiques, où l’on proclamait la grandeur d’une Espagne plus étriquée que jamais et où l’on apprenait que l’étranger c’était l’enfer. Au lycée français, j’ai très vite eu conscience que j’étais privilégié car je recevais une très bonne éducation. Le milieu des gens de ma génération m’était étranger parce que je n’évoluais pas dans le même monde. Par la suite, nous allions devenir en quelque sorte «des monstres d’inadaptation» par rapport à la société fascisante, dogmatique, totalitaire où nous étions censés mener notre vie d’adultes. Formés dans un climat et avec des valeurs tellement en contradiction avec cet environnement, nous aurons beaucoup de mal à suivre, à accepter cette vie de tous les jours. J’ai eu des camarades qui n’ont pas réussi à aller de l’avant et ont sombré dans l’alcool, parfois dans la folie et même dans le suicide. J’en ai connu, heureusement bien plus nombreux, qui n’eurent d’autre issue que de quitter leur pays pour aller vivre dans leur monde, ailleurs, la plupart du temps en France. Mais parmi ces enfants, il y eut aussi des jeunes, comme moi qui se lancèrent dans la construction de toutes sortes de mouvements de résistance antifasciste et furent les promoteurs des organisations de jeunesse communiste, libertaire, des organisations surtout de la jeunesse socialiste. Pourriez-vous nous confier un souvenir, une anecdote de vos années passées au lycée français ? Le bâtiment qui abritait le lycée français avait été d’abord le Théâtre Lyrique et est devenu par la suite le siège du Pouvoir Judiciaire. D’ailleurs, aujourd’hui à la télévision, lorsque l’on montre le bâtiment qui était le lycée de mon enfance (aujourd’hui l’Institut français), j’y aperçois toujours la fenêtre de ma classe de 11ème au premier étage où je vois encore mon professeur Madame Malapère avec son chignon… A l'époque, le lycée était juste en face du grand Palais de Justice de Madrid. C’est là que je fus jugé et j’entends toujours un magistrat, pauvre type dont le boulot consistait surtout à lire les peines que lui dictaient les censeurs et les agents de la dictature, je l’entends crier en pointant du doigt les fenêtres de nos salles de classe, de l’autre côté de la rue : « Voilà le foyer du libertinage où ces vipères ont puisé leur poison » Ces vipères venimeuses de liberté et de démocratie, ces vipères pourries des droits de l’Homme, c’était bien nous, élèves de ce lycée de bonheur. Vingt ans plus tard, ces jeunes qu’il allait condamner se sont retrouvés dans le Parlement, dans le Gouvernement, dans les Hôtels de ville, dans les médias, en somme dans la liberté, dans la démocratie de l’Espagne reconquise pour l’espoir et pour l’Europe. SON PARCOURS PROFESSIONNEL Etudes à Madrid, Toulouse et Vienne. Médaille d'or de l'université Comenius de Bratislava (Slovaquie). Docteur honoris causa des universités de Moscou (Russie), Cluj (Roumanie) et Aberdeen (Royaume-Uni). Secrétaire général adjoint (1964) et vice-président (1966) de l'Union internationale des Jeunesses socialistes (IUSY). Secrétaire général du Mouvement international des faucons/Internationale socialiste de l'éducation (IFM/SEI) (1966). Responsable de formation syndicale à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) (1973). Membre du bureau provincial de l'Union générale des travailleurs (UGT) pour Ciudad Real (1980). Secrétaire général du PSOE pour Castille-La Manche (1981) Membre du bureau fédéral du PSOE (1987). Député de Ciudad Real au Congrès des députés (1977-1999). Vice-président de l'Assemblée parlementaire de l'UEO (1986-1996). Membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (1983-1992) et président de cette assemblée (1992-1996). Député au Parlement européen (depuis 1999). Président de l'Union interparlementaire (UIP) (1997-1999). Vice-président de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (depuis 2001). Ordre du Mérite constitutionnel (1988). Grand-croix de l'ordre du Mérite civil (1996). Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique (1999) et autres décorations de plus de 30 pays, dont la légion d'Honneur, et celles de 15 autres Etats membres de l'Union européenne.
LE PARLEMENT EUROPEEN De tous les organes de l'Union européenne, le Parlement européen est l'unique institution supranationale dont les membres sont élus démocratiquement au suffrage universel direct. Les 785 députés qui y siègent sont vos représentants. Ils sont élus tous les cinq ans par les électeurs des 27 États membres de l'Union au nom de ses 492 millions de citoyens. Les travaux du Parlement sont importants car, dans de nombreux domaines d'action, la législation européenne est adoptée à la fois par le Parlement et le Conseil des ministres, qui représente les États membres. Le Parlement participe activement à la rédaction de la législation dont l'impact est perceptible dans l'existence quotidienne de ses citoyens: protection de l'environnement, droits des consommateurs, égalité des chances, transports ou libre circulation des travailleurs, des capitaux, des services et des marchandises. Le Parlement est également compétent, avec le Conseil, pour arrêter le budget annuel de l'Union. Chaque pays membre détermine son mode de scrutin mais applique des règles démocratiques identiques : droit de vote à 18 ans, égalité entre femmes et hommes et secret du vote. Les sièges sont répartis, en règle générale, proportionnellement à la population de chaque pays. Chaque Etat membre possède un nombre de sièges fixes, le maximum étant 99 et le minimum 5. Le député européen partage son temps de travail entre Bruxelles, Strasbourg, et sa circonscription. A Bruxelles, il participe aux réunions des commissions parlementaires, des groupes politiques, et des sessions plénières additionnelles et à Strasbourg, il assiste aux douze sessions plénières. Parallèlement à ces activités principales, il doit, bien sûr, consacrer du temps à sa circonscription. Les membres du Parlement européen se regroupent en fonction de leurs affinités politiques et non par nationalité. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site du Parlement européen : http://www.europarl.europa.eu/news/public/default_fr.htm
Caractéristiques de l'établissement : Dénomination exacte de l'établissement : Lycée français de Madrid Statut : Etablissement en gestion directe Nombre d'élèves : 3360 Niveaux d'enseignement : de la petite section à la terminale Adresse courriel "contact" :
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Adresse site Internet de l'établissement : www.lfmadrid.net Prénom et nom du proviseur : Pierre Mondoloni Caractéristiques de la ville et du pays : Ville de résidence : Madrid Nombre d'habitants : 3,2 millions Position administrative : capitale Pays : Espagne Superficie : 504 000 km² Nombre d'habitants : 45 millions d'habitants Capitale : Madrid
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